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Picto Céréales

Il reste beaucoup d’azote dans les sols, attention à la fertilisation de printemps

09/03/2025
Il reste beaucoup d’azote dans les sols, attention à la fertilisation de printemps

Les premiers résultats des analyses de reliquats azotés hivernaux (RSH) pour 2025 indiquent des niveaux globalement élevés, conséquence directe des rendements 2024 en demi-teinte et des conditions météorologiques atypiques. Une analyse fine des données est essentielle pour ajuster au mieux la fertilisation des cultures de printemps et optimiser l’apport en azote.

L’année 2024 a été marquée par des rendements agricoles décevants, principalement en raison d’un printemps trop humide suivi d’un manque de luminosité en fin de cycle. Cet enchaînement climatique a entraîné une mauvaise assimilation de l’azote par les cultures et a laissé dans les sols des reliquats post-récolte parmi les plus élevés de la dernière décennie, avec une moyenne de 100uN/ha.

Un hiver et un automne influents sur la dynamique de l’azote

L’automne 2024 s'est inscrit dans la moyenne pluriannuelle en termes de températures et de précipitations, mais une répartition irrégulière des pluies a favorisé la minéralisation de l’azote. Les mesures effectuées par les réseaux de captage ont relevé des RDD (reliquats de début de drainage) supérieurs aux valeurs habituelles. Si l’hiver 2024-2025 a été plus arrosé que l’année précédente, engendrant un certain lessivage de l’azote, les niveaux de RSH restent globalement élevés, notamment en sols profonds.

Des disparités selon les types de sol et les pratiques culturales

Les cultures ayant exploré les trois horizons du sol (jusqu'à 90 cm) présentent des niveaux de RSH supérieurs à ceux de 2024. Par exemple, les blés sur pois atteignent 100uN en 2025 contre 56uN en 2024. À l’inverse, les colzas ont montré leur efficacité en captant l’azote, réduisant les reliquats de 25uN par rapport aux céréales. Les CINE (ex-CIPAN) ont également joué un rôle clé, en piégeant une vingtaine d’unités d’azote avant l’hiver.

Malgré ces différences, la méthode de calcul du Plan de fumure prévisionnel (PPF) reste inchangée avec les exigences du PAR 7. Elle repose toujours sur l’analyse des reliquats à différentes profondeurs (0-30 cm, 30-60 cm et parfois 60-90 cm), prélevés sur des parcelles représentatives. Ces échantillons sont ensuite envoyés en laboratoire pour dosage de l’azote minéral, principalement sous forme de nitrates et d’ammonium. Les résultats permettent d’ajuster les apports en azote en fonction des besoins des cultures, en tenant compte des pertes éventuelles par volatilisation ou lixiviation. Cette approche fine est essentielle pour optimiser la fertilisation et éviter les excédents, qui pourraient compromettre les rendements ou accentuer la pollution des eaux. Il est donc crucial pour chaque agriculteur de réaliser cette analyse de ses parcelles afin d’ajuster les apports d’azote. Les organisations agricoles proposent des guides pour aider à cette démarche, en tenant compte des résultats de prélèvements.

Face à cette situation, l’optimisation de la fertilisation passe par une gestion précise des apports et, pour certains, par des solutions alternatives. L’utilisation de sources d’azote d’origine biologique ou de fertilisants starters pourrait constituer un levier intéressant pour adapter la stratégie en fonction des besoins réels de chaque parcelle. Dans un contexte de variabilité accrue, mesurer et anticiper restent les clés d’une fertilisation efficace.

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