Créé en 2019, le Contrat de solutions fête cette année ses sept ans d’existence. Sept ans de travail de fond pour identifier, tester et diffuser des solutions concrètes permettant de réduire l’usage et surtout l’impact des produits phytopharmaceutiques, sans remettre en cause la capacité à produire. Une démarche collective à laquelle participent de nombreux acteurs de la chaîne agricole et qui s’est progressivement imposée comme un espace de démonstration du « faisable » sur le terrain.
L’un des marqueurs forts de ces sept années est la construction d’une dynamique collective rassemblant aujourd’hui plus de 40 agricoles, chambres d’agriculture, coopératives, négoces, instituts techniques, acteurs de la R&D, industriels et partenaires économiques. L’ambition partagée est claire, réduire le recours aux phytos tout en protégeant la production, les pollinisateurs et la biodiversité, dans un contexte de pression réglementaire croissante.
En sept ans, le Contrat de solutions a bâti un inventaire structuré des alternatives, couvrant le biocontrôle, les leviers agronomiques, la génétique, les outils d’aide à la décision, le matériel et le numérique. Plus de 120 fiches “solutions” ont été produites. Elles décrivent des combinaisons de leviers déjà mises en œuvre par des agriculteurs, techniquement éprouvées et économiquement acceptables. Cet estampillage est aujourd’hui repris dans de nombreux guides techniques, supports de formation et outils de communication des coopératives et des négoces.
La diffusion constitue un autre acquis majeur de ces sept années. Au moins 13 Chambres régionales d’Agriculture, une vingtaine de coopératives et environ 20 % des négoces adhérents à NégoA intègrent désormais les fiches dans leurs recommandations et leurs journées techniques. Le Contrat de solutions a également édité des recueils annuels d’alternatives aux molécules sorties du catalogue présentés lors de grands rendez-vous professionnels, notamment au Salon international de l’agriculture.
Ces travaux contribuent à réduire l’impact des produits phytopharmaceutiques, en s’appuyant sur la protection intégrée et des stratégies combinatoires. Ils ont aussi permis de mieux identifier les limites, coût de certains équipements, besoin d’accompagnement et de formation, complexité de mise en œuvre à l’échelle du système de culture. En sept ans, le Contrat de solutions s’est ainsi positionné comme un démonstrateur, montrant qu’il n’existe pas de solution unique, mais un assemblage progressif de leviers.
À l’heure de ce cap des sept ans, l’association se projette vers la massification des solutions existantes. Les travaux à venir porteront notamment sur la robotique, la pulvérisation de précision, les réglages et choix des buses, les plantes compagnes en grandes cultures, de nouvelles pistes de biocontrôle et les outils numériques. Le sol, couvert, fertilité, structure, gestion des résidus, devient également un axe central, avec l’objectif d’ancrer encore davantage les stratégies de réduction des phytos dans une approche système.
Pour les agriculteurs, ces sept années se traduisent par un accès croissant à un catalogue lisible de solutions déjà testées, classées par culture et par problématique. Elles renforcent aussi la cohérence des messages portés par les coopératives, négoces et chambres d’agriculture, qui s’appuient sur ces références pour bâtir leurs programmes techniques. Les prochaines références sur la robotique, la pulvérisation de précision et les approches “sol” devraient ainsi accompagner de plus en plus les démarches systèmes engagées sur les exploitations.
Dans les débats autour d’Ecophyto, le Contrat de solutions entend poursuivre ce rôle d’interlocuteur, en défendant des trajectoires de réduction construites sur des solutions éprouvées et un accompagnement technique solide, plutôt que sur des objectifs chiffrés déconnectés du terrain.