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Picto Maïs

Maïs : chaleur et sécheresse perturbent la fécondation

20/08/2026
Maïs : un levier stratégique pour allonger les rotations et sécuriser l’assolement

Pour qu’un grain de maïs se forme, le pollen doit parvenir sur une soie réceptive au bon moment. Autour de la floraison, une forte chaleur associée à un déficit hydrique peut désynchroniser ces deux mécanismes, réduire le nombre d’ovules fécondés, puis provoquer l’avortement de jeunes grains. Les conséquences deviennent visibles sur les épis quelques semaines plus tard.

Une période particulièrement sensible autour de la floraison

La fécondation du maïs repose sur la rencontre entre le pollen produit par la panicule et les soies qui émergent de l’épi. Chaque soie est reliée à un ovule : pour former un grain, elle doit recevoir un pollen viable, permettre sa germination puis la progression du tube pollinique jusqu’à l’ovule.

Le maïs supporte généralement bien les températures élevées. Sa sensibilité augmente toutefois autour de la floraison, surtout lorsque la chaleur se combine à un manque d’eau. La phase la plus critique s’étend approximativement du stade 15 feuilles au stade limite d’avortement des grains, ou SLAG. Ce dernier est atteint environ 15 à 20 jours après la floraison femelle. Durant cette période, la culture détermine son nombre définitif de grains.

Le manque d’eau retarde la sortie des soies

L’allongement des soies nécessite une alimentation hydrique suffisante. En situation de sécheresse, leur croissance ralentit. Leur sortie peut alors être retardée, voire fortement limitée, tandis que l’émission du pollen se poursuit sur une période relativement courte.

Ce décalage entre la floraison mâle et la floraison femelle réduit les chances de rencontre entre un pollen encore viable et des soies réceptives. Certains ovules ne sont pas fécondés, ce qui conduit ensuite à la formation d’épis lacuneux. Une faible humidité de l’air et des températures élevées peuvent encore accentuer le dessèchement des soies exposées.

Le risque dépend néanmoins de l’intensité et de la durée du stress, mais aussi du stade de la parcelle, de la réserve utile du sol et de la capacité de la plante à maintenir sa transpiration.

Au-delà de 36 °C, le pollen peut perdre en qualité

Située au sommet de la plante, la panicule est directement exposée au rayonnement solaire. D’après Arvalis, des températures maximales dépassant 36 °C au moment de la floraison peuvent affecter la quantité et la qualité du pollen. La gravité du phénomène augmente au-delà de 38 °C, en particulier lorsque la plante manque également d’eau.

Une chaleur intense peut perturber la formation du pollen avant la floraison, réduire sa viabilité ou gêner l’ouverture des fleurs mâles et sa libération. Les tubes polliniques qui se développent sur les soies sont également sensibles aux températures élevées.

Une mauvaise fécondation généralisée reste cependant peu fréquente. Les hybrides produisent une grande quantité de pollen, généralement libérée pendant plusieurs jours et en majorité le matin, avant les températures les plus élevées. Cette abondance peut compenser une perte partielle de viabilité.

Les grains restent vulnérables après la fécondation

La présence d’un ovule fécondé ne garantit pas encore la formation d’un grain viable. Si le stress hydrique ou thermique se prolonge après la floraison, de jeunes grains peuvent avorter jusqu’au SLAG. Il faut donc attendre ce stade avant d’évaluer définitivement le nombre de grains par épi.

Sur un épi encore jeune, les soies fournissent un premier indice. Lorsqu’elles restent attachées aux ovules en secouant l’épi, la fécondation n’a généralement pas eu lieu. Lorsqu’elles se détachent facilement puis brunissent, l’ovule a été fécondé. L’observation doit être répétée sur plusieurs épis et dans différentes zones de la parcelle afin de tenir compte de son hétérogénéité.

Chrysomèles : ne pas conclure trop vite

Les chrysomèles adultes peuvent consommer les soies et leur donner un aspect spectaculaire. Arvalis indique toutefois ne pas avoir observé de forte dégradation de la fécondation des maïs hybrides imputable à ce seul phénomène. En revanche, les dégâts provoqués plus tôt par les larves sur les racines peuvent perturber l’alimentation hydrique et azotée de la plante, puis amplifier les effets de la sécheresse.

Face à un épi mal rempli, la disposition des grains manquants et l’état général de la plante doivent donc être examinés avant d’attribuer les symptômes à une cause unique.

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