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Je dois renseigner un lieu valide
Dans les discussions autour du choix des variétés de maïs, les notions de vigueur de départ, d’émergence ou encore de couverture sont souvent utilisées comme des synonymes. Pourtant, elles renvoient à des critères différents, qui n’ont pas les mêmes conséquences agronomiques. Bien comprendre ces distinctions permet de mieux raisonner le semis et le choix des hybrides.
La vigueur de départ correspond à une observation réalisée entre les stades V2 et V4 (2 à 4 feuilles ligulées). Il s’agit d’un critère avant tout visuel et subjectif, largement utilisé pour caractériser les variétés. Une variété jugée vigoureuse présente des jeunes plants hauts en taille, qui semblent croitre plus vite. Cette rapidité de développement est souvent associée à la rapidité à produire des feuilles ce qui réduit la durée pendant laquelle les plantules restent sensibles aux attaques de ravageurs ciblant les graines et les très jeunes plants.
Deux hybrides présentant des vigueurs de départ différentes (+ vigoureux à gauche).
C’est également à ce stade, que peuvent déjà apparaître des irrégularités de levées ou des manques dans la parcelle. Ces défauts d’implantation ont des conséquences sur le rendement final. Il est donc important d’observer les parcelles dès le début du cycle afin de repérer rapidement d’éventuelles zones hétérogènes, présentant des pertes de pieds qui peuvent être causées par des ravageurs, des oiseaux, les conditions climatiques (pluies) ou bien des soucis survenus au semis.
Pour autant, la vigueur de départ ne suffit pas à elle seule. Elle n’est pas directement liée au rendement final. Ce qui compte avant tout reste le nombre de pieds présents au m² et la qualité de la levée dans la parcelle. Autrement dit, le potentiel de rendement se joue surtout au moment du semis et de l’implantation.
La notation de la vigueur doit être interprétée avec précaution. Deux plantes présentant des ports différents peuvent recevoir des notes de vigueur différentes alors qu’elles se trouvent en réalité au même stade végétatif. Pour affiner l’analyse, il est donc utile de vérifier le stade réel des plantes, par exemple en comptant le nombre de feuilles ligulées. Cela permet d’éviter de confondre une différence de port foliaire avec une réelle différence de développement.
L’émergence désigne le nombre de pieds effectivement levés après le semis. Une bonne émergence signifie qu’il y a peu de graines non germées et que la population cible est atteinte de manière homogène. Ce critère est essentiel pour sécuriser le rendement. Une levée régulière et homogène permet en effet de limiter les écarts de développement entre plantes et d’obtenir un peuplement cohérent sur toute la parcelle. Dans ce domaine, la qualité de germination reste déterminante. Une variété très vigoureuse mais avec une levée irrégulière sera moins performante qu’un maïs présentant une vigueur plus faible mais une émergence homogène.
Le passage du tracteur ou des problèmes de qualité du semis peuvent provoquer des irrégularités de levée.
La couverture du rang correspond à la capacité du maïs à occulter rapidement le sol afin de limiter le passage de la lumière et donc le développement des adventices. Elle dépend notamment du port des feuilles, de leur déploiement et de la régularité des plantes dans la parcelle. Des feuilles bien étalées et des plantes suffisamment couvrantes permettent de fermer plus vite l’interrang. À l’inverse, des plants très dressés et qui semblent plus vigoureux laissent davantage passer la lumière, ce qui augmente le risque de salissement. La couverture du rang représente donc un levier agronomique intéressant pour limiter le développement des adventices, en complément des autres pratiques agronomiques.
Vigueur de départ, émergence et couverture du rang répondent donc à des logiques différentes. La vigueur renseigne sur la rapidité du démarrage, l’émergence sur la réussite de la levée et la couverture sur la capacité du maïs à limiter le développement des adventices. Au-delà des critères variétaux, ces observations permettent surtout d’affiner le regard porté sur les premiers stades du maïs. Une implantation régulière et des plantes capables de s’installer rapidement restent les meilleurs atouts pour sécuriser la suite du cycle végétatif du maïs.