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Pourquoi certains épis dépassent-ils des spathes ?

09/09/2026
Pourquoi certains épis dépassent-ils des spathes ?

Il arrive que l’extrémité de certains épis de maïs ne soit plus protégée par les spathes, laissant une partie des grains directement exposée à l’air libre. Ce phénomène apparaît notamment après un épisode de fortes températures associé à un déficit hydrique autour de la floraison. S’il n’est pas nécessairement synonyme de problème sanitaire, il impose une surveillance accrue des épis concernés jusqu’à la récolte.

Un phénomène lié aux conditions autour de la floraison

L’apparition de spathes courtes peut trouver son origine dans les conditions climatiques rencontrées autour de la floraison. De fortes températures, souvent associées à un déficit hydrique avant ou pendant la pollinisation, peuvent freiner l’expansion et l’allongement de ces feuilles.

La suite des conditions météorologiques peut alors accentuer le phénomène. Si les températures diminuent ou si les pluies reviennent après la pollinisation, l’épi peut reprendre son allongement. Les spathes, en revanche, restent durablement plus courtes. L’épi poursuit donc sa croissance jusqu’à dépasser leur extrémité.

Le mécanisme se résume donc en quatre étapes : stress avant ou pendant la pollinisation, fortes températures et déficit hydrique, limitation de l’allongement des spathes, puis reprise de la croissance de l’épi lorsque les conditions s’améliorent.

Tous les hybrides ne réagissent pas de manière identique

Ce phénomène s'observe sur certains hybrides et pas sur d’autres, parfois seulement sur une partie des plantes d’une même parcelle. Une première explication tient à l’architecture des plantes : la longueur de l’épi et son niveau de couverture par les spathes diffèrent selon les hybrides. À cela s’ajoute le stade auquel survient le stress. Dans une même parcelle, tous les hybrides ne se trouvent pas nécessairement au même stade de développement au moment d'un épisode de chaleur ou de sécheresse.

Le stress climatique peut également affecter différemment la croissance de l’épi et celle des spathes. L’expression du caractère résulte d’une interaction entre le génotype et l’environnement. La présence de spathes courtes n'est pas attribuée automatiquement à la seule génétique de l’hybride : elle s'analyse au regard des conditions rencontrées par la culture.

Surveiller les grains exposés

Les spathes jouent un rôle essentiel dans la protection de l’épi de maïs. Ces feuilles enveloppent les grains et constituent une barrière physique face aux insectes, aux champignons mais aussi aux intempéries. La principale conséquence de la présence de spathes courtes concerne donc la protection des grains situés à l’extrémité de l’épi. Ils peuvent également avancer plus rapidement en maturité puisqu’ils ne bénéficient plus de l’humidité maintenue par ces feuilles.

L’observation au champ devient déterminante, en évaluant d’abord la fréquence du symptôme : les épis concernés sont-ils isolés, concentrés dans les parties de la parcelle ayant subi le plus fort stress ou répartis de manière homogène ?

L’état sanitaire des grains exposés doit ensuite être suivi, notamment pour repérer d’éventuels dégâts d’insectes ou l'apparition de moisissures. Dans le cas d’un maïs destiné à l’alimentation animale, une dégradation de l’état sanitaire peut conduire à envisager une récolte plus précoce.

Charbon commun et fusarioses : ne pas confondre les risques

Des galles de charbon commun (Ustilago maydis) peuvent apparaître sur les grains exposés ou sur la tige, mais leur présence n’est pas nocive pour les animaux. En revanche, la vigilance porte sur le développement de moisissures sur les épis, notamment les fusarioses, lorsque le maïs est destiné à l’alimentation animale, en raison du risque de développement de mycotoxines.

Face à des épis dont les grains sont ainsi découverts, l’observation doit donc être replacée dans son contexte : conditions climatiques autour de la pollinisation, localisation des symptômes dans la parcelle, proportion d’épis touchés et évolution de leur état sanitaire. Autant d’éléments qui permettent de comprendre l’origine du phénomène et d’adapter, si nécessaire, la date de récolte.

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