Alors que la pression septoriose est restée globalement faible ces dernières campagnes, la question de la gestion des résistances demeure centrale dans les programmes fongicides du blé. Les suivis nationaux montrent une relative stabilité des résistances aux SDHI et aux IDM, mais la pression de sélection varie selon les stratégies. Dans ce contexte, l’intégration de nouvelles solutions à mode d’action inédit, comme l’Inatreq™ active, apparaît comme un levier clé pour sécuriser l’efficacité des programmes et préserver les matières actives existantes.
Une année calme sur le front des maladies ne signifie pas une pause dans la gestion des résistances. Au contraire, ces périodes sont souvent les plus favorables pour ajuster les stratégies et préserver les solutions disponibles.
Les données issues du Réseau Performance, qui regroupe des essais fongicides conduits dans plusieurs régions françaises, montrent que l’évolution des phénotypes résistants aux IDM et aux SDHI s’est peu modifiée ces deux dernières années. Cette stabilité s’observe aussi bien en année de forte pression septoriose qu’en contexte plus sec. La progression des résistances aux triazoles reste lente, tandis que celles vis-à-vis des SDHI semblent se stabiliser au niveau national.
Cependant, cette apparente accalmie doit être interprétée avec prudence. Les résultats soulignent une pression de sélection variable selon les programmes appliqués. Les stratégies reposant fortement sur les mêmes familles chimiques continuent d’exercer un effet sélectif important, notamment lorsque les interventions sont répétées ou concentrées sur certaines phases clés du cycle.
Dans les essais 2025, la pression de sélection a été plus marquée dans les situations sans diversification des modes d’action. À l’inverse, les programmes associant différentes familles fongicides ont montré une meilleure répartition des phénotypes, limitant la domination des populations les plus résistantes.
Les observations d’Arvalis mettent également en évidence de fortes disparités régionales. Si la nuisibilité moyenne des maladies a été réduite, certaines zones ont connu des pertes élevées, notamment en présence de rouille brune en fin de cycle. Cette variabilité renforce la nécessité d’adapter les stratégies aux conditions locales, en intégrant la tolérance variétale, les conditions climatiques et les outils d’aide à la décision.
Le traitement à dernière feuille étalée reste un pivot de la protection, capable de couvrir l’essentiel de la nuisibilité. L’impasse du T1 peut se raisonner selon le risque et la sensibilité des variétés, mais cette simplification des programmes ne doit pas se traduire par une réduction de la diversité des modes d’action, sous peine d’accélérer la sélection de souches résistantes.
Les solutions de biocontrôle, les strobilurines ou encore les associations avec triazoles contribuent à cette diversification. Elles doivent s’intégrer dans une logique globale de gestion du risque, en complément des pratiques agronomiques.
Dans ce contexte, l’arrivée de nouvelles familles chimiques constitue un levier majeur. L’Inatreq™ active, dont la substance active est la fenpicoxamide, se distingue par un mode d’action unique sans résistance croisée avec les familles existantes. Son déploiement dans les programmes contribue à réduire la pression exercée sur les SDHI et les IDM.
Les suivis réalisés ces dernières campagnes suggèrent que la progression de cette solution sur le marché s’accompagne d’une stabilisation des résistances aux SDHI. Au-delà de son efficacité directe, son intérêt réside aussi dans sa contribution à la durabilité des programmes. Elle offre la possibilité de construire des combinaisons plus robustes, capables de maintenir un bon niveau de protection tout en limitant les risques de résistance.