Souvent discret au départ, le phomopsis peut provoquer des pertes importantes en cas d’attaque précoce. Taches foliaires, encerclement des tiges, verse : lorsque les conditions lui sont favorables, ce pathogène rappelle que la prévention agronomique reste la première ligne de défense en tournesol.
Le phomopsis ne fait pas toujours la une des discussions de plaine. Pourtant, lorsqu’il s’installe tôt et que les conditions lui sont favorables, il peut peser lourdement sur le rendement.
Au départ, les symptômes passent parfois inaperçus. Sur feuille, une tache triangulaire brune apparaît en bordure et progresse en suivant les nervures vers la tige. Puis la maladie gagne la base du pétiole. La tache devient brun-rougeâtre, s’étend, et dans les cas les plus marqués, finit par encercler la tige.
C’est à ce moment-là que le risque devient le plus visible. L’encerclement fragilise les tissus de la tige. En cas de coup de vent ou de stress hydrique, la tige peut casser, entraînant de la verse. Les attaques précoces sont les plus pénalisantes, car elles affectent la plante avant que son potentiel ne soit pleinement construit.
Le champignon se maintient dans les résidus de culture. Une rotation courte en tournesol ou une gestion incomplète des cannes favorise son installation. Les printemps et débuts d’été humides amplifient le phénomène. Certaines régions sont historiquement plus exposées, mais le risque reste très dépendant des conditions locales.
Sur le terrain, la vigilance commence par l’observation. Identifier tôt les symptômes permet d’évaluer la pression et d’anticiper les conséquences possibles. Mais comme souvent en tournesol, la gestion repose beaucoup sur les pratiques agronomiques.
Allonger la rotation, bien gérer les résidus, choisir des variétés présentant un bon niveau de tolérance : ces décisions prises avant le semis sont les plus efficaces. Une fois la maladie bien installée, les marges de manœuvre deviennent limitées.
Le phomopsis est un pathogène discret, mais il rappelle une règle simple : en tournesol, la prévention agronomique reste la meilleure assurance rendement.