Mal connue il y a encore quelques années, la hernie du chou est aujourd’hui une maladie redoutée en colza. Touchant l’ensemble des crucifères, elle s’attaque au système racinaire, provoque des pertes de pieds et peut entraîner des chutes de rendement très importantes, jusqu’à la destruction quasi totale de la culture dans les situations les plus sévères. Identifier rapidement les symptômes au champ est un premier levier pour limiter son impact.
La hernie du chou s’exprime d’abord sous terre. Les premières atteintes passent souvent inaperçues, car les symptômes aériens apparaissent tardivement, lorsque le système racinaire est déjà fortement dégradé.
Sur chou et autres crucifères, on observe des plantes chétives, au feuillage vert clair à jaune, qui se flétrissent aux heures chaudes, même en conditions d’humidité suffisante. Ce flétrissement, parfois réversible le soir, peut faire penser à un stress hydrique ou nutritionnel.
En arrachant les plantes, le diagnostic devient plus évident. Les racines présentent des galles ou renflements très irréguliers, d’abord blanchâtres, puis brunissant avec le temps. Ces déformations touchent la racine principale comme les radicelles. À un stade avancé, les tissus se nécrosent, les racines pourrissent et les plantes dépérissent, souvent par foyers dans la parcelle.
Sur colza, la hernie du chou se manifeste fréquemment de façon hétérogène. Des zones de la parcelle présentent un retard de croissance marqué, un rougissement des feuilles, un flétrissement persistant, voire une disparition complète de pieds.
En observant les racines, la racine pivotante est fortement boursouflée, avec des renflements nets et volumineux. À mesure que la maladie progresse, ces galles noircissent et se désagrègent, rendant la racine incapable d’assurer son rôle d’ancrage et d’absorption.
Le flétrissement de la partie aérienne devient alors visible, mais il correspond souvent à un stade déjà avancé de la maladie, lorsque les capacités de compensation du colza sont dépassées.
Les galles provoquées par la hernie du chou perturbent profondément le fonctionnement du système racinaire. L’absorption de l’eau et des éléments minéraux est fortement réduite, ce qui se traduit par un déficit de croissance, un peuplement clairsemé et une biomasse limitée.
Les pertes de rendement sont très variables selon la pression de la maladie, allant de quelques quintaux à des pertes proches de 100 % dans les situations les plus graves. Au-delà du rendement, la qualité des graines peut également être affectée, avec une baisse de la teneur en huile et une présence accrue de chlorophylle, compliquant les étapes de transformation et de raffinage.
Certaines situations doivent alerter en priorité. Les zones hydromorphes, tassées ou à pH acide sont particulièrement favorables à l’expression de la hernie du chou, tout comme les rotations courtes intégrant fréquemment des crucifères.
En cas de doute, il est indispensable d’arracher plusieurs plants pour observer les racines. Un point clé du diagnostic consiste à vérifier l’absence de cavités ou de larves dans les galles. Cette observation permet de différencier la hernie du chou d’attaques de ravageurs, comme le charançon gallicole, dont les symptômes racinaires peuvent prêter à confusion.