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Le tournesol est souvent choisi pour sa capacité à valoriser des situations où la ressource en eau demeure limitée. Grâce à son système racinaire profond et à sa faculté d'adaptation, il peut maintenir un bon niveau de production avec une alimentation hydrique inférieure à celle d'autres cultures estivales.
Lorsque 75 % environ de ses besoins en eau sont couverts, le tournesol est capable d'exprimer une grande partie de son potentiel de rendement. Cette robustesse explique son intérêt dans les secteurs soumis à des sécheresses estivales récurrentes.
Si le tournesol supporte relativement bien les épisodes de sécheresse, certaines périodes restent évidemment beaucoup plus critiques. Les besoins en eau augmentent fortement à partir du stade bouton floral et jusqu'au début du remplissage des graines. Cette séquence correspond à la mise en place des principales composantes du rendement : développement du capitule, floraison et fécondation, formation des akènes et début de leur remplissage.
À l'inverse, une légère restriction hydrique pendant la phase végétative peut même présenter un intérêt : elle limite le développement excessif du feuillage, réduit la consommation d'eau et prépare la plante à mieux résister aux contraintes futures. Il s’agit du phénomène d'« endurcissement » à la sécheresse.
Un stress hydrique prolongé agit progressivement sur plusieurs fonctions de la plante :
Lorsque ces contraintes apparaissent très tôt, le potentiel de rendement diminue avant même le début de la floraison. En revanche, le tournesol adapte son fonctionnement en limitant sa consommation d'eau et en orientant davantage les assimilats vers le capitule afin de préserver autant que possible la production de graines.
Les températures élevées accentuent les effets du déficit hydrique en augmentant l'évapotranspiration et l'assèchement des sols. Mais elles exercent également un effet direct sur la physiologie du tournesol. Au-delà de 33 à 35 °C, plusieurs phénomènes peuvent apparaître : ·
Comme les dynamiques de floraison peuvent être différentes, l'impact dépend aussi de la durée de l'épisode de chaleur : plus la canicule se prolonge, plus la proportion de fleurs touchées est importante.
Des feuilles plus petites, un capitule de diamètre réduit sont autant de signes qui peuvent traduire un stress hydrique ou thermique. Cependant, un tournesol présentant un développement végétatif modéré n'est pas nécessairement pénalisé : ce sont les conditions rencontrées entre le bouton floral, la floraison et le début du remplissage des graines qui détermineront le nombre d'akènes formés et leur bon remplissage. Comprendre cette physiologie permet de mieux analyser les performances de chaque parcelle et de mesurer l'impact réel des épisodes de sécheresse et de chaleur sur le rendement final.