Après plusieurs campagnes marquées par des incertitudes climatiques et sanitaires, le colza d’hiver retrouve de la dynamique. Selon les estimations publiées par Agreste, les surfaces implantées pour la récolte 2026 atteindraient 1,37 million d’hectares. Ce niveau dépasse nettement la moyenne 2021-2025 et confirme l’intérêt renouvelé des agriculteurs pour cette culture dans de nombreux bassins de production.
Les surfaces progresseraient de 8 % sur un an et seraient en hausse dans la quasi-totalité des régions. Le rebond concerne aussi bien les zones historiques de production que les régions où le colza avait reculé ces dernières années. Les progressions les plus marquées sont attendues dans le grand Sud-Ouest et le Nord de la France, avec des niveaux supérieurs de plus de 40 % à la moyenne des campagnes 2021 à 2025.
Les régions du Centre-Val de Loire et du Grand Est restent en tête en termes de surfaces, concentrant à elles seules près de 40 % de la sole nationale. Dans ces deux territoires, la progression annuelle serait respectivement de 6,5 % et 6 %. En Bourgogne, la hausse atteindrait 15 % sur un an, signe d’un retour marqué après plusieurs campagnes difficiles.
Sur le plan agronomique, la campagne d’implantation s’est déroulée dans des conditions jugées globalement favorables. Les pluies de fin d’été et de début d’automne ont permis des levées satisfaisantes dans de nombreuses situations. Cette réussite relative tranche avec certaines campagnes récentes où les stress hydriques avaient fortement pénalisé la mise en place des cultures.
Des difficultés localisées ont toutefois été signalées, notamment dans l’Est, avec des attaques de larves de grosses altises en Champagne-Ardenne et en Lorraine. Ces pressions restent à surveiller, car elles pourraient affecter le potentiel dans les parcelles les plus touchées.
Ce rebond des surfaces reflète aussi un contexte économique et agronomique plus favorable. Le colza conserve des atouts dans les rotations, notamment pour la gestion des adventices et la structuration du sol. L’amélioration des prix ces dernières campagnes, combinée à une meilleure maîtrise technique, semble encourager les producteurs à réintroduire la culture.
La campagne reste toutefois dépendante des conditions de fin d’hiver et de printemps. Les stades de sortie d’hiver et la pression des ravageurs seront déterminants pour confirmer le potentiel. Mais, à ce stade, les signaux sont plutôt positifs, avec une sole en nette progression et des implantations globalement réussies.