Article •  11.01.2026

Ambroisie : intégrer la lutte dans les pratiques culturales

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Ambroisie : intégrer la lutte dans les pratiques culturales

Longtemps abordée uniquement sous l’angle agronomique, l’ambroisie est aujourd’hui au cœur d’un enjeu sanitaire majeur et fait l’objet d’un dispositif réglementaire structuré. Pour les céréaliers et, plus largement, pour tous les gestionnaires de surfaces agricoles, la question n’est plus seulement comment limiter l’infestation, mais aussi comment se mettre en conformité.

Une plante nuisible pour la santé publique

Les ambroisies sont classées parmi les espèces végétales nuisibles à la santé. Leur pollen, émis principalement en fin d’été, est fortement allergisant. On estime que 6 à 12% de la population générale y est sensible. Il est responsable de rhinites, conjonctivites et crises d’asthme, avec des conséquences sanitaires et économiques bien identifiées : recours aux soins, arrêts de travail et perte de qualité de vie.

Historiquement très présente en Auvergne‑Rhône‑Alpes, l’ambroisie progresse désormais vers d’autres bassins de production. Cette dynamique explique le passage d’une problématique régionale à une priorité nationale de santé publique.

Trois espèces sont aujourd’hui réglementées :

  • l’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia), la plus répandue en grandes cultures, 
  • l’ambroisie trifide (Ambrosia trifida), plus localisée mais très concurrentielle, 
  • l’ambroisie à épis lisses (Ambrosia psilostachya), pérenne et plus difficile à maîtriser.

Un cadre réglementaire stabilisé, mais désormais pleinement applicable

Depuis 2017, la lutte contre l’ambroisie est inscrite dans le code de la santé publique. Le dispositif repose sur un socle juridique clair qui encadre la prévention, la surveillance et la destruction des plants.

Pour les agriculteurs, cela se traduit par une responsabilité directe : empêcher la prolifération et la dissémination de l’ambroisie sur leurs parcelles. Les préfets peuvent rendre la lutte obligatoire par arrêté départemental et prévoir des sanctions en cas de non-respect.

Aucune refonte majeure du cadre national n’est intervenue ces dernières années. En revanche, son application s’est renforcée, notamment à travers des arrêtés préfectoraux plus précis et une implication accrue des collectivités et des gestionnaires d’infrastructures.

Arrêtés préfectoraux : ce que cela implique sur le terrain

Dans les départements concernés ou à risque, les arrêtés préfectoraux définissent :

  • les zones et périodes de lutte, 
  • les obligations de prévention, notamment l’entretien des parcelles et des abords,
  •  les modalités de destruction des plants avant floraison, 
  • l’organisation de la surveillance et de l’information. 

Ces textes rappellent que la lutte s’applique à toutes les surfaces, y compris les bordures, les friches, les intercultures et les zones non productives. En cas de manquement, l’autorité administrative peut faire réaliser les travaux d’office et appliquer une sanction.

Des leviers agronomiques toujours essentiels

Sur le plan technique, la stratégie reste fondée sur la prévention et l’anticipation. L’objectif est d’éviter la production de pollen et surtout la montée à graines : rotations diversifiées pour limiter l’installation durable, faux‑semis et déchaumages répétés pour réduire le stock semencier, fauchage ou destruction mécanique avant floraison, vigilance accrue lors des chantiers et des déplacements de terre.

La gestion collective est déterminante : une parcelle propre peut être rapidement recontaminée si les zones voisines ne sont pas maîtrisées.

Une organisation collective renforcée

La lutte contre l’ambroisie s’appuie sur une organisation nationale et territoriale de plus en plus structurée. FREDON France assure un rôle d’appui technique, de formation et de coordination. L’Observatoire des ambroisies centralise les signalements et met à disposition des outils pratiques.

Depuis 2018, les plans régionaux et départementaux ont été renforcés. Ils visent à améliorer la coordination locale, la désignation de référents et la sensibilisation des publics concernés, notamment les agriculteurs et les collectivités.

L’ambroisie n’est plus une adventice secondaire. Sa gestion relève à la fois de la protection des cultures, de la santé publique et du respect d’obligations réglementaires. Un cadre juridique stable, mais appliqué de manière plus stricte, impose d’intégrer durablement la lutte dans les pratiques culturales et l’entretien des parcelles.

Viballa, une solution contre l’ambroisie

Les expérimentations sur le terrain montrent une action efficace de Viballa contre l’ambroisie, en comparaison avec des programmes de post-levée.

Face à une plante aussi discrète que dommageable, l’enjeu est double : détecter tôt pour limiter les impacts, et mobiliser les outils numériques pour accompagner les agriculteurs dans des pratiques de gestion raisonnées. 

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